Les Caprices de Marianne d’Alfred de Musset A l’ère de la contemporanéit

Le schéma dramatique des personnages


Les caprices de Marianne est une pièce de théâtre de 2 actes, le premier de 3 scènes et le second de 6 scènes. Donc les scènes ne sont pas les mêmes que dans le théâtre classique, c’est-à-dire qu’elles ne correspondent plus à l’entrée ou à la sortie d’un personnage mais répondent à une exigence dramatique propre à Musset.
On doit noter que plusieurs personnages de la pièce portent des noms italiens, tel Coelio, sa mère Hermia, l’intendant Malvolio, Claudio, le mari ridicule, et son serviteur Tibia. L’histoire se passe à Naples au sein de l’Italie ce qui rend hommage au grand théâtre italien très en vogue à l’époque.
En 1837, Alfred de Musset avait intitulé une autre pièce un caprice ce qui fait que Musset attache une importance capitale au mot « caprice » qui signifie dans le domaine de l’amour, une décision subite, irraisonné qui peut être changée rapidement.
Musset respecte l’unité du temps pendant la quasi-totalité de la pièce conformément aux règles du classicisme et comme Musset n’écrit pas pour être joué, il était dans une démarche transgressive quant à l’unité du lieu.

Les Caprices de Marianne d’Alfred de Musset A l’ère de la contemporanéité
Les Caprices de Marianne d’Alfred de Musset A l’ère de la contemporanéité


Bio/bibliographie d’Alfred de Musset  

Alfred de Musset est un poète et dramaturge français de la période romantique, né en 1810 et mort en 1857 à Paris. Il appartient à une famille aristocratique aisée et cultivée de laquelle il s’est inspiré puisque son père fut un spécialiste de J. J. Rousseau et son grand-père un poète qui fréquentait les milieux littéraires et scientifiques. Alfred était un lycéen brillant, après avoir eu son baccalauréat, il a fait des études de droit et de médecine.
En 1827 : il a été admis dans le cénacle romantique et s’y est grisé de savoureuses discussions littéraires, il a été donc passionné par le théâtre.
En 1828 : il a traduit et adapté les confessions d’un mangeur d’opium de Thomas de Quincy
En 1829 : il a publié son premier recueil poétique contes d’Espagne et d’Italie qui a réveillé et suscité en lui ce talent de poète
En 1830 : il a écrit sa première pièce de théâtre la Nuit Vénitienne qui a été un échec accablant
En 1833 : il a rencontré George Sand avec qui il s’est lié en tombant éperdument amoureux d’elle. C’est ce qui a influencé en quelque sorte ses écrits André Del Sarto et notamment les caprices de Marianne.
En 1839 : Alfred de Musset a publié la nouvelle les Croisilles
En 1840 : sa santé et son état se sont détériorés à cause de l’alcool, il devient de plus en plus dépressif.
En 1852 :  il a été élu membre de l’Académie Française à la place de M. Dupaty
En 1857 : il est décédé dans sa ville natale, Paris.

Genre de la pièce 

Les deux genres majeurs du théâtre classique furent la tragédie puis la comédie. Or d’autres genres verront le jour en fonction des périodes, des courants littéraires et de l’évolution de la créativité littéraire. Dans cette optique, A quel genre théâtral appartient la pièce Les Caprices de Mariane ?
On constate après l’étude de la pièce théâtrale Les Caprices de Marianne, que le dramaturge recourt au mélange des genres depuis le début de la pièce en allant du comique vers le tragique, et de pathétique vers l’ironique.                             

           Pour Musset, la relation entre l’être et le paraître est indissociable c’est pourquoi on peut dire que les caprices de Marianne appartient ce qu’on appelle le drame romantique, puisque les personnages ne sont pas des personnages comiques. Nonobstant, Musset rapproche la pièce d’emblée à la fantaisie en l’inscrivant plutôt dans le comique.                                                                                                     
Les événements, pourvu qu’ils soient généralement de facture comique, se succèdent pour atteindre un dénouement tragique, en l’occurrence la mort de Coelio et la déception de Octave et par conséquent celle de Marianne.   
  

Résumé de la pièce 


Marianne, une jeune Napolitaine de dix-neuf ans, que sa mère a mariée à un vieux juge, n’a d’autre distraction que de se rendre à l’église plusieurs fois par jour. En chemin, elle rencontre son cousin Octave qui, auprès d’elle, plaide la cause de son ami Coelio, trop timide pour déclarer son amour. Elle commence par le repousser puis, par un revirement qui est un caprice, accepte d’entrouvrir sa porte à un amant. Mais lequel ? La romance va tourner au drame. En 1833, lorsqu’il fait paraître sa pièce qui ne sera portée à la scène qu’en 1851, dans une version d’où il aura effacé les allusions sexuelles et religieuses, Musset y voit une comédie. Mais c’est une comédie au dénouement tragique et qui déroute la tradition : par leur ton poétique, leur inspiration fantaisiste, leur légèreté de composition, Les Caprices de Marianne renouvellent profondément l’écriture dramatique. Quant à leur héroïne, plus révoltée sans doute qu’écervelée, elle incarne la liberté d’une femme qui refuse de se voir dicter sa conduite amoureuse.

Les protagonistes 


MARIANNE : jeune femme mal mariée, dont les caprices s’expliquent par son attachement à sa liberté de choix.
COELIO : jeune homme pur et sensible, épris d’absolu.
OCTAVE : libertin déçu par ses expériences amoureuses, mais d’une grande fidélité en amitié, épicurien aussi
HERMIA : Mère de Celio, femme attentionnée et romanesque
CLAUDIO : vieux mari de Marianne, jaloux et vindicatif.

Intrigue théâtrale


COELIO, MARIANNE et OCTAVE : Trois conceptions de l’amour incarné par ce trio emblématique et illustratif de tout un esprit du 19ième siècle :
1-L’amour passionné de Coelio se heurte au refus de Marianne.
2-Les caprices de Marianne sont des manifestations de sa peur de l’engagement amoureux et d’une aspiration profonde à la liberté.
3-Octave se révèle comme un être épris d’idéal que l’amour a déçu.

Par ailleurs, les autres personnages, Hermia, Claudio et les autres contribuent, chacun à sa manière, à la conception intégrale du tableau dramatique conçu par Musset. Ils traduisent ensemble un état d’âme général qui caractérise l’époque.

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